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16.05.2008
La voici, la voila !
« Je me tenais là, devant lui depuis bientôt cinq minutes. Cinq minutes pendant lequelles ses membres gras et luisant n'avaient point bougés sous son costard neuf de chez Kenzo. Sans doute était t'il maintenant trop gros pour s'agiter pendant un licenciement. Il doit être cardiaque me dis-je, j'en ai maintenant la certitude. Et puis, son taux de collestérole doit être dangereusement élevé. Oui, beaucoup trop élevé. C'est certainement pour cela qu'il ne s'agite pas beaucoup pour me licencier, moi, Teddy Bondin, 35 ans, bientôt 20 ans d'ancienneté en tant que commercial chez « Lavoissi immobilier ». Oui, je sais, j'en rajoute, j'hyperbole, mais qui n'exagèrent pas quand il s'agit de parler de ses problèmes? On est quand même sur le point de me guillotiner là, en effet, Monsieur Lavoissi n'a pas encore fait d'allusion à mon évincement pur et simple. Mais il ne va pas tarder je le sais...
- Teddy me dit t'il enfin les yeux emplis de fausse compassion, mon teddy, on en à fait un bout de chemin ensemble (« mon » Teddy? En plus il me la joue patternaliste... Bon j'arrête je laisse place au salop. Le salop reprend donc...). On en a vendu des maisons tous les deux... Que dis-je, on a même quasiment monté cette boîte tout les deux. On a eut nos heures de gloires... Mais comme tu le sais, il laisse un silence et me fixe de ses yeux de crapaud globuleux, les temps sont durs. Trop dur à vrai dire, nouveau silence. Enfin, dit t'il en se grattant la tête, je ne pense pas qu'il faille te faire un dessin, tu sais déjà où je veux en venir. J'aurais préféré que tu démissionne, mais puisque tu tiens tant à tes indémnités de licenciement.
Oui a vrai dire, ce n'ai pas vraiment mon flair qui m'a permit d'anticiper le drame qui se joue. C'est plûtot le harcélement moral qu'exerce monsieur Lavoissi sur moi depuis quelques semaines qui m'a mené à ces prévisions. »
« Où vais-je donc passer la nuit. «
« La nuit est belle, les étoiles constèllent le ciel et les souvenirs remontent. Si j'ai choisis cette colline, ce n'est pas un hasard. C'est là, maintenant je m'en souviens, que, dans ma jeunesse, je passais des soirées entières à bavarder avec mon meilleur ami. Deux jeunes cons pensais-je, deux jeunes cons dont les rêves dépassaient les faits. Des rêves de cinéma, de livres, d'entreprise et quoi d'autre encore, quoi de plus, quoi de vrai? rien... J'ai perdu mon temps chez Lavoissi, je ris. La fin du rêve Lavoissi, « La voilà » plaisantais-je intèrieurement. Mauvais jeu de mots pour un type comme moi réduit à dormir dehors. »
« Il ne m'avais pas fallut plus de cinq minute pour commettre le crime. Cinq minutes... »
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